" Nous avons tout donné pour l’art alors que l’art n’a rien donné pour nous… " C’est qu’a laissé entendre, en plaisantant, un artiste français. Cet aphorisme n’est-il rien d’autre qu’un jeu de mots ? Ne traduit-il pas le sort réel réservé à l’artiste en général ? Ne dissimule-t-il pas un soupir douloureux, chargé d’amertume et de désolation derrière un masque souriant, mais qui en fait n’est nullement gai ou heureux ? Qu’a offert l’art à Vincent van gogh qui a tout sacrifié pour l’art et pour l’histoire de l’art, pour l’humanité et la richesse de son patrimoine culturel, pour les grandes masses d’admirateurs? Ceux-ci défilent au fil des jours devant les espaces où accrochées au mur, les œuvres du fameux peintre. Qu’en a récolté le malheureux artiste quand certains milieux du business ont su faire de sa tragédie une source de revenus inépuisables ? Vincent van gogh n’est qu’un exemple parmi des milliers d’artistes qui viennent et s’en vont dans l’ombre et l’anonymat. Ils souffrent et endurent silencieusement, discrètement et stoïquement. Ils acceptent le mal et la déception avec grâce et sourire. Personne n’osera nier que ces passants n’ont jamais cessé d’agrémenter quelque peu la vie humaine. Ils n’ont eu de cesse d’y introduire quelques heures de rêve d’un avenir meilleur, d’une société ou d’un monde sans trop de peines, sans trop de larmes, sans trop de haine, de rebondissement et de vengeance. Ainsi est faite, sans doute, la vie : le malheur est l’écot de ceux qui ne le méritent pas, mais il est certain que sans ces malheureux, la vie n’aurait aucun charme pour les autres.