Une œuvre de Médiouni représente un espace fantasque, un lieu secret, un désert énigmatique, un site aride et troué. La surface est modifiée par les creux, par des cavités, par des vides inconnus, par des cratères ignorés, par des dépressions. Il n’y a nul horizon dans le sec, nulle limite du sol et du ciel, nulle frontière. Couleurs de terre ; ocres, légèrement verdâtres. Il n’existe ici nulle plante.
Quatre personnages se rencontrent dans un conciliabule caché, dans leurs dialogues et leurs silences. Ce ne sont pas des humais. Mais se dressent peut-être quatre djinns, formés dans une région primitive, avant l’histoire. Il n’ont nul os, nulle chair. Ils sont constitués de bulles ou bien de cellules ou encore de galets immatériels ou aussi de sortes de globules innommés. Ils sont sans mesure, sans dimensions: Peut être des géants ou aussi des êtres minuscules, peut être vus au microscope. Ils sont des clones comiques, des proliférations u peu grotesques. On peut les percevoir par des radiographies saugrenues.
Les mains des quatre sont griffues, crochues. Les pieds sont des serres d’oiseaux ; des pattes d’autruches. Leurs crânes sont pointus, mais troués. Ils ont perdu la raison, la pensée les quatre ont des oreilles qui écoutent les quatre vents du nord, du sud, de l’est, de l’ouest. Les oreilles peuvent s’élever au dessus de la face. Les quatre grimacent, rient. Ils n’ont nulle méchanceté, nulle cruauté. Ils se défendent pourtant. Ils sont fluides dans des rêves a demi oubliés, a demi effacés. Ils sont tantôt perçus, tantôt estompés. Ils sont créés d’un "immatériel", comme les condensations d’un espace différent, comme des vapeurs presque solides.
Un personnage est peut-être un peu éloigné des trois grands : il est de profil...
Gilbert Lascault.
Sorbonne, 03-02-2003
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